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Groupe des 22

Douze d’entre eux, en l’occurrence Bentobbal, Boussouf, Benaouda, Bouarroudj, Merzougui, Belouizdad, Habachi, Mechati, Bouchaïb, Bitat, Lamoudi et Boudiaf survivront et verront la concrétisation de l’objectif de l’indépendance. Round-up des figures emblématiques à l’origine  du déclenchement de la guerre de libération ; le groupe des «22».

1 – Boudiaf Mohamed
Il fait partie des plus âgés de la réunion. C’est lui l’initiateur et l’architecte de la réunion en sa qualité de dernier responsable de l’OS avec qui il gardait le contact avec les anciens militants. Président de la République en 1992, il est assasiné en juin de la même année.

2 – Mustapha Ben Boulaid
Né en 1917 à Arris. A la création de l’Organisation Spéciale, il mena une intense activité pour la formation politique des jeunes et leur entraînement militaire. Juin 1955, il fut condamné à mort. Il réussit à s’évader de prison en compagnie de Tahar Zbiri en novembre 1955. Avec ses compagnons, il créa le Comité Révolutionnaire pour l’Unité et l’Action, participa à la réunion des «22» en juin 1954 et devint responsable de la zone I (les Aurès), de même qu’il fut membre du Comité des Six. Il tomba au champ d’honneur le 22 mars 1956, suite à l’explosion d’un poste de radio piégé parachuté par les troupes françaises.

3- Larbi Ben M’hidi
Né en 1923. En 1949, il devint responsable de l’aile militaire à Sétif et en même temps, adjoint du chef d’état-major de l’Organisation secrète au niveau de l’Est algérien, dirigée à cette époque par Mohamed Boudiaf. Lorsque fut formé le Comité Révolutionnaire pour l’Unité et l’Action en mars 1948, il devint l’un de ses membres les plus éminents puis un membre actif dans le Comité des 22. Il disait toujours : «Jetez la révolution dans la rue et elle sera prise en charge par le peuple». Arrêté en février 1957, il meurt sous la torture en mars 1957.

4 – Youcef Zighoud
Né en 1921. Lorsque l’Organisation fut découverte en 1950, il fut emprisonné avec ses compagnons à la prison de Annaba, mais il réussit à s’évader et retourna dans son village. En 1953, sa conviction était que l’action armée était l’unique choix. Dans cet objectif, il commença à organiser les militants et les préparer en vue du jour du déclenchement de la Révolution, notamment après la création du Comité Révolutionnaire pour l’Unité et l’Action (CRUA). Zighoud lui succéda alors à la tête de la zone II (Nord Constantinois ) et poursuivit son combat avec abnégation jusqu’à l’été 1955 au cours duquel il dirigea l’organisation et la préparation des attaques du 20 août 1955 dont il fut le principal artisan, à tel point que les attaques qui eurent lieu ce jour-là furent liées à son nom. Il tombe au champ d’honneur en septembre 1956, lorsqu’il y eut un accrochage avec les troupes de l’ennemi près de Sidi Mezghiche.

5 – Lakhdar Bentobbal
Son vrai nom c’est Slimane. Né en 1923. Il adhère à l’OS et supervise l’organisation de cellules militaires dans le Nord Constantinois. Lors du déclenchement de la Révolution, il dirigea les premières opérations dans les environs de Jijel et El Milia. Il fut également parmi les encadreurs des attaques du 20 Août 1955, en compagnie du martyr Zigout Youcef. Au gouvernement provisoire, il est nommé ministre de l’Intérieur et conserva ce poste dans les trois formations gouvernementales.

6 – Boudjema Souidani
Lors de la réunion des 22, il pose une question connue par cette phrase : «Oui ou non, sommes-nous des révolutionnaires ? Alors qu’attendons-nous pour faire cette révolution si nous sommes sincères avec nous-mêmes ?» Il était l’un des meilleurs joueurs dans le club de football, l’Espérance de Guelma.
Il adhéra donc à l’Organisation Spéciale à sa création et put ainsi accomplir diverses activités dont nous citerons par exemple la collecte des armes.
Il joua un rôle prépondérant puisqu’il supervisa personnellement les différentes étapes de préparation de la Révolution dans la région de la Mitidja et planifia les attaques de la nuit du 1er Novembre, de même qu’il participa à l’attaque menée contre la caserne de Boufarik en compagnie du militant Amar Ouamrane, Boualem Kanoun et Rabah Abdelkader. Il tomba au champ d’honneur le 16 avril 1956 au cours d’un barrage dressé près de la ville de Koléa.

7 – Rabah Bitat
Né en 1925. A partir de 1950, commença pour lui une vie de clandestinité. Il fut jugé par les autorités françaises en 1951 en raison de son activité politique et condamné à 10 ans d’emprisonnement. Il se rend à Médéa à l’ouest d’Alger afin de prendre contact avec les militants. Il fut parmi les fondateurs du Comité Révolutionnaire pour l’Unité et le Travail, puis de l’Organisation Spéciale.
Après trois grèves de la faim successives pour revendiquer le statut de prisonnier politique, il fut emprisonné avec ses compagnons qui avaient été enlevés avec lui en octobre 1956 (Ben Bella, Boudiaf, Aït Ahmed et Khider). Il fut libéré avec le groupe le 20 mars 1962 et décéda le 11 avril 2000.

8 – Merzougui Mohamed
Né en 1927, il devient chef du groupe du PPA, membre aussi de l’OS où il a été entraîné en particulier à l’usage des armes et des explosifs. En 1951, il rencontre Didouche Mourad et Zoubir Bouadjadj, qui le convainquent de la nécessité de poursuivre son travail politique.  Il participe aussi aux premières opérations du 1er novembre. Quelques mois plus tard, arrêté puis torturé et libéré en mars 1962. Il décède en 2008 suite à une longue maladie.

9 – Ramdane Benabdelmalek
Né en 1928. Membre actif de l’OS en 1948. Pendant la Révolution, il est adjoint de Larbi Ben M’hidi qui le chargera de veiller à la préparation intensive des groupes de moudjahidine dans la région de Mostaganem et leur entraînement à l’utilisation des armes, plans et techniques de combat, en prévision du déclenchement de la Révolution. Il tombe au champ d’honneur le 4 novembre 1954 près de Sidi Ali au cours d’un accrochage entre son groupe et les forces d’occupation.

10 – Zoubir Bouadjadj
Né en 1925, il est vendeur de pièces détachées dans un magasin d’Alger, il prend part à l’insurrection du 1er novembre 1954 en tant que chef de secteur contrôlant cinq groupes à Alger. Arrêté le 6 novembre 1954  et libéré après les Accords d’Evian.

11 – Amar Benaouda
Né en 1925. Il fait partie de ceux qui ont déclenché la guerre de Libération nationale. Militant du Mouvement national, le représentant de la Wilaya II au Congrès de la Soummam a milité au Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), puis à l’Organisation spéciale (OS) et au Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action (CRUA). Il est décédé lundi dernier à Bruxelles, à l’âge de 94 ans, des suites d’une longue maladie.

12 – Mourad Didouche
Né en 1927, dit Si Abdelkader, responsable des quartiers d’El Mouradia, El Madania et Birmandreïs, il crée en 1946 la troupe de scouts Al Amal. En 1950, pour ses activités clandestines, il est condamné par contumace à 10 ans de prison. En 1952, il constitue avec Ben Boulaïd un noyau clandestin dans la capitale dont la mission était la fabrication de bombes en prévision du déclenchement de la Révolution.
Il mit en place avec ses compagnons le Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action (CRUA), de même qu’il participa à la réunion des «22». Le 18 janvier 1955, après une bataille au douar Souadek, il meurt les armes à la main alors qu’il n’avait pas encore 28 ans ; ainsi, c’est le premier chef de zone à tomber au champ d’honneur.

13 – Abdelhafid Boussouf
Né en 1926. Membre des plus éminents de l’OS, il continue à activer même après la découverte de cette organisation. Il fut membre du Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action (CRUA) et assista à la réunion des «22». Au déclenchement de la guerre, il est adjoint de Ben M’hidi dans la zone V (Oran), chargé de la région de Tlemcen. Il décède le 31 décembre 1979.

14 – Saïd Bouali
Dit La Motta. Saïd Bouali était membre du MTLD et du PPA. Il a été arrêté en mars 1950 par les autorités françaises et torturé. Il est mort sur le champ de bataille.

15 – Ahmed Bouchaïb
Il avait plus de 35 ans en 1954. Il est né en 1918.  Il avait représenté la région de l’Oranie à la réunion du groupe des «22», sous la présidence du Mostefa Ben Boulaïd. Il fut membre du Conseil de la 4e région à la veille du déclenchement de la Révolution.
Détenu successivement dans les prisons de Blida, de Serkadji (Alger) et d’Oran, il a poursuivi jusqu’à l’indépendance ses actions militantes, observant notamment une grève de la faim en 1958. Après le recouvrement de l’indépendance, il assuma plusieurs postes, dont celui de député de l’Oranie à l’Assemblée constituante de 1963.

16 – Mohamed Mechati
En 2014, il disait : «L’objectif essentiel a été atteint, la souveraineté nationale et la libération du joug du colonisateur. Mais à quoi sert l’indépendance si on doit tomber dans la misère comme on le constate actuellement ? Je suis scandalisé… car ce n’est pas pour cette Algérie que j’ai combattu…. La notion de patrie s’est estompée et le patriotisme perd du terrain de jour en jour.»
Né à Constantine, il devient membre du Parti du Peuple Algérien en 1945. Il était membre de l’OS et du MTLD. En 1982, il devient le consul général à Genève, jusqu’en septembre 1983. Il est décédé en 2014.

17 – Rachid Mellah
Slimane de son vrai nom. Il adhère au Parti du Peuple Algérien à la fin des années quarante. Participe à la réunion des «22» et s’associe à la dissidence dite du «groupe de Constantine» en septembre 1954. Rejoint l’ALN où il meurt en simple djoundi.

18 – Derriche Elias
Il était membre de l’Organisation Spéciale et du PPA. C’est lui qui avait fourni sa villa à Clos-Salembier à Alger pour le déroulement de la réunion des «22».

19 – Lamoudi Abdelkader
Encore en vie, il refuse toute apparition médiatique. Il est né en 1925. Très jeune, il s’implique pour la libération de l’Algérie en devenant membre actif de l’Organisation Spéciale. Membre de la direction de la Fédération de France FLN en 1955.

20 – Habachi Abdesslam
Né à Constantine, il était membre de l’OS depuis 1947. Il participe à la constitution du groupe des «22».  Il rejoint le FLN et est arrêté en 1955.

21 – Athmane Belouizdad
Il est le plus jeune du groupe des «22». Il est né en 1929. Il était silencieux et gèrait sa confiserie à Alger. Il était tellement silencieux que beaucoup ont cru qu’il était mort pendant la guerre de libération. 

22 – Mokhtar Badji
Il avait plus de 35 ans en 1954. En 1944, il jeûne et réduit considérablement son poids pour échapper au service militaire. Il est le responsable de la cellule de l’Organisation Spéciale à Souk Ahras en 1947 jusqu’à son arrestation le 1er avril 1950. Torturé et emprisonné, il fait de la prison  avec Ahmed Ben Bella et Ahmed Mahsas. Il tombe au champ d’honneur après avoir été encerclé par les forces d’occupation dans la forêt de Beni Salah, à Souk Ahras en janvier 1955.


Date de création : 22/06/2019 - 00:43
Catégorie : Histoire - 1954-1962
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